Pourquoi devient-on trop gros et pourquoi les kilos s'accrochent-ils?

 

 

Chez l’enfant comme chez l’adulte, l’obésité est le résultat d’un bilan énergétique positif prolongé, c'est-à-dire d’un apport énergétique supérieur aux dépenses, l’excédent étant stocké sous forme de graisses.

Mais nous ne sommes pas tous égaux devant le risque d’obésité.

Le surpoids résulte de la conjonction de 2 familles de facteurs favorisants : des facteurs de prédisposition et des facteurs d’environnement.

 

Les déterminants génétiques et épigénétiques sont des facteurs de prédisposition et expliquent par exemple le risque plus important pour un enfant si ses deux parents sont obèses ou en cas de certaines perturbations survenues pendant la grossesse.

Les facteurs liés au mode de vie jouent un rôle majeur. La société actuelle offre de moins en moins d’occasions de bouger dans la vie quotidienne (transports motorisés, travail sédentaire, télévision, ordinateur, moindre accessibilité des activités sportives...) et nous incite à acheter toujours plus d’aliments attrayants et tout prêts ; les produits gras et sucrés étant souvent les moins chers.

S’y ajoutent d’autres déterminants, à la fois de prédisposition et liés à l’environnement: nutritionnels, physiologiques, psychologiques, éducatifs et sociaux. Le faible niveau socio-économique est un facteur de risque important dans les pays occidentaux.

Une personne prédisposée, dans un environnement favorisant le déséquilibre de la balance énergétique, pourra devenir trop gros. Une autre dans le même environnement, ne le deviendra pas. Intervenir sur l’environnement peut permettre de limiter, voire d’éviter le risque de surpoids chez une personne prédisposée.

Facteurs de risque

 

Pourquoi les kilos s’accrochent-ils ?

Au fil des millénaires, l’organisme humain a sélectionné des gènes d’épargne, permettant notamment de résister aux périodes de famine. Faire des réserves après une période de disette a donc été pendant longtemps un avantage.

Dans une société d’abondance, cette faculté favorise la prise de poids excessive et particulièrement après des régimes restrictifs perçu par l’organisme comme une disette ; c’est l’effet « yoyo » où la prise de poids après chaque nouveau régime dépasse la perte de poids liée au régime.

Des mécanismes psychologiques se rajoutent à cette pression génétique : trop se priver favorise la perte de contrôle et les comportements boulimiques.

C'est ce qu'on appelle la restriction cognitive: ou le fait de s'interdire spontanément certains aliments ou groupes d'aliments qui font "grossir". Ce qui a comme conséquence de manger plus que la ration habituelle et moins bien du fait de l'auto restriction que l'on s'est infligé. La restriction cognitive peut être définit comme un processus qui se manifeste par différentes phases: frustrations, culpabilité, compulsions alimentaires, souvent hélas renforcées par des messages éducatifs trop rigides.

Cercle de la restriction alimentaire

Photo: Daddoun F; Romon M. Régulation physiologique du comportement alimentaire. Cahier de Nutrition et de diététique, déc 2004, vol 39, n°6 P 422-428.

Rédigé par Véronique Nègre, mis à jour le 03/07/2014